La Collection

La Collection – Marjolaine Leray
Editions Courtes et Longues – Album dès 3 ans

« Julius fait triste mine dans son salon grisâtre, il aimerait organiser une fête, mais pour cela, il faut des invités ! Cela tombe bien, de l’autre côté du livre il y a une jungle et ses animaux. Il les capture un à un et les enferme dans des cages, jusqu’au dernier.. »

Avis après lecture:

   Chaque ouvrage de Marjolaine Leray se démarque par un coup de crayon inimitable et un humour mordant.  La collection ne fait pas exception à la règle, à l’instar de un petit chaperon rouge ou Avril le poisson rouge, le “gribouillage” de ses traits est parfaitement exécuté. Vivants, foisonnants et incisifs, les dessins sont un régal d’originalité. Plus coloré que ses ouvrages précédents, la collection explore une palette de couleurs vives, presque fluos, décrivant parfaitement la jungle dans laquelle les animaux s’épanouissent. Formant un contraste saisissant entre ce milieu naturel et l’intérieur en noir et blanc de Julius, le personnage principal, les deux univers n’arrivent pas à réellement entrer en interaction dans le dessin. La collection réussi le paris d’être une dénonciation intelligente et caustique de la toute puissance humaine demeurant léger et percutant sans tomber pour autant tomber dans le piège du conte moraliste rébarbatif.

“ Oui, oui vous pouvez encore entrer on ne va pas vous chasser.  

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Les Chroniques de l’Erable et du Cerisier – Livre 1 – Le Masque de Nô

Les chroniques de l’Erable et du Cerisier – Camille Monceaux
Gallimard jeunesse – Roman dès 13 ans

« Abandonné à sa naissance, Ichirô est recueilli par un vieux samouraï qui lui enseigne la voie du sabre. Insouciant, Ichirô grandit dans un environnement sauvage, à l’écart des hommes. Mais sa vie bascule par une nuit terrible. »

Avis après lecture:

     Les chroniques de L’Érable et du Cerisier est une plongée captivante dans le Japon du XVII° siècle, et nous invite à suivre la rigueur de la voie du sabre, et la poésie du théâtre Nô. C’est également une façon idéale de définir ce roman : rigueur et poésie. À travers des descriptions précises et recherchées Camille Monceaux démontre un amour sincère pour le Japon, son histoire et sa culture, et plonge son lecteur dans les périples d’Ichiro, de sa paisible vie solitaire aux côtés de son maître à la découverte de la ville d’Edo, de sa complexité et de sa diversité. 

     A l’instar du cinéma et du théâtre japonais, le roman commence avec une certaine lenteur, ce qui pourrait dérouter quelque lecteurs. Cependant il s’en dégage très vite un sentiment de contemplation qui va perdurer au fil de l’histoire, créant ainsi une atmosphère envoûtante et captivante. C’est donc un véritable coup de cœur pour ce roman, et il est important de souligner la beauté du jaspage (à savoir la décoration des tranches du livre), un détail charmant et atypique qui attise la curiosité.

Je m’étais imaginé toutes sortes de choses sur le monde des humains. J’avais dessiné dans ma tête des paysages, des maisons, des visages inspirés des illustrations qui ornaient les rouleaux ; j’avais repeint cet univers mental de couleurs chatoyantes, en l’émaillant d’éclats de rire et de musique. J’avais placé dans ce décor d’effroyables figures de guerriers aux visages écarlates. Mais aucune de mes lectures ne m’avait véritablement préparé.

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Le supplice de la banane

Le supplice de la banane – Madlena Szeliga et Emilia Dziubak
Albin Michel jeunesse – Contes dès 9 ans

« Et si les légumes avaient des sentiments ? Ces 20 histoires courtes nous proposent quelques « recettes » du point de vue du légume. Carottes râpées, petits pois, smoothies de fruits : les descriptions donnent le frisson. Pour jouer à se faire peur, ces contes sanglants sont pleins d’humour décalé, avec des sous-titres désopilants. Second degré, point de vue insolite : on s’abandonne aux frissons en se léchant les babines. »

Avis après lecture:

Parfait pour  frissonner ou rigoler, Le Supplice de la banane saura plaire à tout le monde. Ce recueil de petits contes macabres est une véritable initiation à la littérature d’horreur. Chaque histoire raconte la longue souffrance d’innocents fruits et légumes, cueillis, récoltés, pelés, coupés cuits et bouillis par des mains habiles et passionnées, de quoi culpabiliser en mangeant des carottes râpées. 

A ces récits macabres sont assortis de belles illustrations qui complètent les textes à merveille : les légumes aux visages torturés subissent leur destin au fil des pages.

En empruntant au vocabulaire du crime, ces 20 histoires nous plongent dans l’horreur, mais la postface le dit bien, les enfants sauront réconforter leurs parents !

“ L’Oignon mourait. Dans un extrême accès de naïveté, il chercha à implorer la pitié de l’humain, et fit tout pour le faire pleurer. Les larmes commencèrent à couler de ses yeux insensibles, mais cela ne changeait rien dans son cœur de pierre. Il continuait à émincer comme un fou, en morceaux de plus en plus petits. Il pleurait et coupait. Ces larmes aidèrent l’Oignon à se dire que, malgré tout, l’humain regrettait. Il mourut aussi naïf que lorsqu’il était né.”

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Le phare aux oiseaux

Le phare aux oiseaux – Michael Morpurgo et Benji Davies
Éditions Gallimard jeunesse – roman dès 9 ans

« Allen, 5 ans, est sauvé en 1926 d’une tempête en mer par Ben, le gardien du phare de l’île des Macareux. La rencontre avec ce gardien bougon et solitaire va profondément marquer Allen, qui, malmené par la vie, se fait la promesse de retrouver Ben à qui il écrit de nombreuses lettres restées sans réponse. »

Avis après lecture:

C’est le tableau émouvant d’un jeune homme, Allen, de son amour pour la mer, la solitude et le calme d’une vie aux grands airs. Un narrateur attachant que l’on voit grandir, fasciné par le phare de l’île aux macareux et surtout par celui qui l’a sauvé d’une terrible tempête des années auparavant. Son sauveur est un vieil homme bourru, simple mais loin d’être pingre il est d’une générosité rare et touchante. Éprouvé par la vie, il préfère se retirer sur son île, calant sa vie sur le rythme des flots en contrebas. Entre eux naît une amitié intergénérationnelle qui résiste au temps. Les illustrations s’accordent merveilleusement avec l’histoire, retranscrivant à la perfection le tumulte de la vie des personnages. Plusieurs sujets sont subtilement abordés dans cet ouvrage, la guerre, la vieillesse, la mort, mais toujours avec délicatesse et bienveillance. Le phare aux oiseaux est un roman d’apprentissage fort qui saura ravir les jeunes lecteurs. 

«Mais parfois, un phare, même le plus brillant, ne suffit pas à sauver un bateau du naufrage.»

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Lightfall, La dernière flamme

Lightfall, La dernière flamme- Tim Probert
Éditions Gallimard – BD dès 11 ans

« Dans un pays imaginaire, une petite fille vit avec son grand-père adoptif, un cochon sorcier. Celui-ci pressentant un danger imminent, part précipitamment en laissant un mot avec une carte pour le retrouver et une précieuse boule de feu dans un verre, une Lightfall. Le voyage est périlleux pour une petite fille, mais la rencontre avec un Galdurien, un être étonnant, va l’aider à affronter les épreuves et des rencontres parfois mal intentionnées de ce périple. »

Avis après lecture:

Cette bande dessinée déborde de fantaisie, nous livrant une quête trépidante, remplis de personnages farfelus et ponctué par des dessins lumineux. Cette première partie pose les bases du parcours initiatique de Béa. Une jeune fille peu sûre d’elle que la disparition de son grand-oncle (cochon sorcier cela va sans dire) pousse peu à peu à sortir de son univers confortable, pour découvrir le monde, le vrai, celui à l’extérieur des murs protecteurs de son foyer. Accompagnée de Cad, une créature dotée d’un optimisme à toute épreuve, Béa apprend à surmonter son anxiété maladive, découvrant ainsi les ressources insoupçonnées qu’elle possède. Les codes du récit d’aventure sont respectés, l’univers crée est très abordable propice au vagabondage et à l’imagination du lecteur.

«- Bien sûr qu’il y a des risques. Où veux-tu en venir ?
– Ça ne te pose pas de problème ?
– Si je laisse le spectre d’une mort certaine m’arrêter, je n’irais nulle part.»

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Comme des sauvages

Comme des sauvages – Vincent Villeminot
Éditions PKJ- Roman dès 15 ans

Emma retourne sur les lieux où son petit frère Tom a été vu pour la dernière fois. Elle le retrouve sous le nom de Buck dans le Domaine, un campement de jeunes gens qui vivent cachés dans la forêt. Alors que l’adolescent veut que sa sœur rejoigne cette étrange communauté, Emma comprend bientôt que nul n’a le droit de sortir vivant de cet endroit.

Avis après lecture:

Une histoire prenante, poignante mais avant tout extrêmement déroutante. Vincent Villeminot a une plume très immersive, nous entraînant dès les premières pages dans un univers dur, froid et presque malsain. Composé d’une ribambelle de personnages bien construits mais difficiles à apprécier, il n’est pas aisé pour le lecteur de s’identifier restant plus souvent spectateur de l’intrigue que véritablement partie prenante. Ce roman nous bouscule, avec ses faux airs de thrillers, prenant rapidement des tournants totalement imprévisibles. Sans être un coup de cœur, Comme des sauvages reste un roman singulier et bouleversant, à lire absolument. 

«Nous marchons sur les putréfactions des années passées, sur toutes les morts, les disparitions » , réalisa-t-elle. Elle accumulait ce genre de micro-révélations, elle avait le sentiment de devenir sage, soudain, de tout comprendre, tout ce que sa vie lui avait caché jusqu’à présent.»

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Le flocon

Le Flocon – Bertrand Santini et Laurent Gapaillard
Éditions Gallimard Jeunesse – Conte dès 9 ans

Pour la nuit du nouvel an, le roi et la reine donnent une fête au château. Les grands de ce monde se pressent aux portes du palais avec des cadeaux extraordinaires. Johann Kepler, mathématicien, arrive à son tour avec pour seul cadeau un flocon de neige. Stupéfaction ! A travers une lunette, le rois découvre alors la richesse contenue dans le flocon.

Avis après lecture:

Véritable pépite, cet album est un petit trésor d’élégance, tant dans sa forme que dans son contenu. Adaptation du recueil « L’étrenne ou la neige sexangulaire » (1610), le flocon est un conte au format atypique, entre fable et poésie, à la frontière du roman graphique, qui convient aux enfants comme aux adultes. Magistralement illustré, l’histoire est profonde, le ton parfois dur, pour une fin tragique aboutissant à une moral terrible et universelle. Bertrand Santini écrit tout en finesse dans un style musical et presque philosophique. Pour finir, les illustrations, à couper le souffle, servent avec ravissement les propos de l’histoire. Splendide, le trait d’une minutie folle offre un foisonnement de détails vertigineux poussant à la contemplation.

« Sire, je sais combien vous appréciez la modestie, et j’affirme qu’un cadeau vous fera d’autant plus plaisir qu’il se rapprochera de Rien. Pour qu’un présent puisse vous combler, il doit paraître à la fois modeste, éphémère, anodin, en ce mot comme en cent, ce présent doit être presque Rien.»

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L’Enfant Océan

L’Enfant Océan – L’Hermenier et Steven Dhondt
Editions Jungle – BD dès 11 ans

Le récit d’une fugue de sept enfants fuyant des parents violents, ou comment le plus jeune va entraîner la fratrie à réaliser son rêve de voir la mer. Le chemin sera jalonné de rencontres sympathiques ou malveillantes.

Adaptation du roman du même nom de Jean-Claude Mourlevat, L’Enfant océan est une réécriture moderne du célèbre conte Le Petit Poucet de Charles Perrault. Yann, un enfant silencieux et malin, fuit sa famille abusive accompagné de ses 6 frères qui le suivent comme s’il était leur petit chef. Mais il est difficile de passer inaperçus lorsqu’on est un groupe de trois paires de jumeaux dirigés par un tout petit garçon porté dans un sac…

L’Enfant Océan est une bande dessinée très touchante, où la tendresse de la fratrie et la générosité des anonymes l’emporte sur la peur et la violence. A dévorer dès 11 ans.

“Quand je pense qu’il avait dix ans et moi quatorze, on aurait pu penser le contraire. Il faisait son possible pour me ménager. C’est cette nuit-là que Yann est devenu notre petit chef.”

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Les enfants des Feuillantines

Les enfants des Feuillantines – Célia Garino
Éditions Sarbacane – Roman 13 ans 

En Normandie, dans la maison des Feuillantines, habite la famille Mortemer. L’aînée, Désirée, a 24 ans et s’occupe de ses six cousins ainsi que de sa soeur, en dépit des tumultes de leur vie quotidienne pleine de rebondissements.

Avis après lecture :

Tendre, loufoque, mélancolique, pétillante, difficile de décrire précisément cette Histoire dont la lecture nous transporte perpétuellement d’une émotion à l’autre. D’une richesse folle, la plume de Célia Garino est extrêmement addictive, nous livrant un récit intense, oscillant sans cesse du tragique au burlesque. Plongés dans le quotidient des feuillantines, nous vivons au rythme des Mortemer, famille atypique, déjantée, complètement dysfonctionnelle mais incroyablement attachante. L’auteur réussit à retranscrire le point de vue des enfants Mortemer avec justesse, qu’ils aient sept ou vingt-cinq ans. Chaue personnage a son caractère, ses envies et son histoire à part entière, rendant l’identification forte. Au fil des pages, le lecteur plaint Désirée pour la tâche qui lui incombre, rit de l’imagination de Calliope, souffre avec Brunehilde, partage les joies, les colères et les peines de Warren devenant peu à peu un membre de la maisonnée.

« Peut-être qu’on n’a pas beaucoup d’argent, que je me tue à la tâche, que je les élève mal, qu’ils vivent avec un cochon, un perroquet et un lapin, une arrière-grand-mère qui tient plus du meuble que de l’être humain – pardon granny – mais ils sont heureux, ici. Aucun foyer ne les rendrait aussi heureux. Nous sommes une fratrie.»

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Comment j’ai changé ma soeur en huître

Comment j’ai changé ma soeur en huître (et une huître en ma soeur) – Emilie Chazerand et Joëlle Dreidemy
Éditions Sarbacane – Roman 9 ans 

La vie de Germain serait géniale sans l’existence de sa grande soeur Judith, qui est un vrai cauchemar. Alors le jour où une huître lui propose de changer de corps avec Judith, Germain saute sur l’occasion pour s’en débarasser !

Avis après lecture :

« Comment j’ai changé ma soeur en huître » est un roman qui va à mille à l’heure ! Germain n’en peut plus de sa soeur Judith, et s’en donne à coeur joie pour lui attribuer tous les défauts du monde. Lorsqu’un mollusque facétieux lui propose de la transformer, il n’hésite pas ! Mais sitôt la transformation faite, la situation vire très vite à la catastrophe, et Germain n’a plus que sa soeur pour s’en sortir. Huître en poche, Germain va vivre de folles aventures et va se rendre compte que, peut-être, sa soeur n’a pas que des défauts… C’est un roman créatif, espiègle, bourré de jeux de mots, à lire dès 9 ans.

« C’est pour ça que, timidement, avec beaucoup d’hésitation, de doutes et pas mal d’incertitude, j’ai prudemment répondu : 

– Allons tout de suite choper cette souillure pour la changer à jamais en huître ! »

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